La Ferté, un ouvrage historique de la ligne Maginot

Bloc 1 ouvrage de la Ferté ligne Maginot

Proche de Chassepierre, dans les Ardennes françaises, à la Ferté-sur-Chiers se trouve le seul fort de la ligne Maginot conservé en l’état. Grâce à l’association « Le Comité du souvenir des défenseurs de Villy-La Ferté » il est possible de le visiter ainsi que son musée et le monument aux morts.

Au lendemain de la première Guerre Mondiale (1914-1918), suite à la modification du tracé des frontières et un nombre de morts tel que la relève n’est pas suffisamment assurée pour garder l’ensemble des frontières, le gouvernement français modifie sa stratégie défensive en s’orientant vers une fortification permanente de son territoire. Construite entre 1928-1940, la ligne Maginot est un immense réseau de fortifications qui s’étend sur un peu plus de 700 kilomètres le long des frontières du nord et de l’est de la France jusqu’à la Méditerranée (ligne Alpine). Elle tient son nom du ministre de la Guerre de l’époque, André Maginot. Du modeste blockhaus d’intervalle ou d’avant-poste à la plus puissante forteresse souterraine, la vocation de ces fortifications était de protéger le pays d’une attaque brusquée, laissant le temps aux troupes d’achever leurs mobilisations. En 1940, on pouvait dénombrer 44 gros ouvrages d’artillerie, 62 ouvrages d’infanterie, 365 casemates, 17 observatoires, 89 abris d’intervalle, plus de 150 tourelles de tous types et plusieurs milliers de blockhaus légers. Sa devise était : « On ne passe pas ! »

Construit au sommet d’une colline (cote 215) entre 1935 et 1937, le petit ouvrage d’infanterie de la Ferté (Werk 505 pour les Allemands) faisait partie du secteur fortifié de Montmédy. A l’origine, prévu comme un ouvrage d’artillerie, les coupes budgétaires le réduiront à deux casemates d’infanterie reliées par une galerie de 280 mètres à 30 mètres de profondeur. On y trouve différents locaux techniques tels qu’une cuisine, une infirmerie, des sanitaires, des dortoirs, un magasin aux vivres, un magasin de munitions, un central téléphonique, etc. Chaque bloc est pourvu de sa propre usine électrique équipée de deux groupes électrogènes d’une puissance de 25 CV. Les soldats pouvaient y vivre dans l’autonomie la plus complète entre 45 et 90 jours.

C’est l’un des points les plus connus de la ligne Maginot, marquant l’extrémité septentrionale de celle-ci et constituant le premier ensemble pris d’assaut par l’armée allemande. Le 15 mai 1940, la Wehrmacht va employer 259 pièces d’artilleries et tirer plus de 20.000 obus durant 3 jours. Au cours de la nuit du 18 au 19 mai, il fut attaqué par l’ouest alors qu’il était conçu pour se défendre contre des offensives venant du nord et de l’est, obligeant l’équipage à l’intérieur des blocs à se réfugier dans la galerie souterraine dépourvue de ventilation et d’issue de secours. Attendant un ordre d’évacuer qui ne viendra jamais, les 105 soldats âgés de 18 à 39 ans périrent asphyxiés du fait des gaz résultant des explosions et d’un incendie provoqué par des grenades allemandes dans le bloc 2.

Chaque année, en mai, l’association « Le Comité du Souvenir des Défenseurs de Villy-La Ferté » organise une cérémonie du souvenir en hommage aux soldats disparus. Les jours suivants sont consacrés à une grande reconstitution militaire avec guides et figurants en uniformes d’époque. Le complexe abrite également un musée consacré aux objets ayant trait à la vie des soldats ainsi qu’un monument aux morts commémorant le sacrifice des 105 défenseurs, Morts pour la France, et enterrés dans la Nécropole nationale de Villy.

Le cours métrage d’animation « Un cercueil de béton » raconte les événements qui ont eu lieu dans l’ouvrage de l’été 1939 au mois de mai 1940.

Revivez l’histoire de ce lieu unique à l’histoire atypique en compagnie de guides et bénévoles passionnés. Toutes les informations nécessaires à la visite de l’ouvrage sont sur le site internet de La Ferté, un ouvrage de la ligne Maginot.

Proche de notre gîte vous pourrez également découvrir le musée 50 bornes et sa collection militaire toutes époques régionale.